Japon, l'an dernier.

Voilà un an, le 11 Mars 2011, 05h46 GMT, un violent tremblement de terre ravageait une partie de la côte Est du Japon.

carte du déisme au Japon 2011

Des vagues de 10 m de hauteur  s’abattirent sur cette région où l’on dénombra plus de  20 000 morts, blessés et disparus. La centrale nucléaire de  Fukushima fut quasiment détruite et la radio-activité est toujours présente. Les Japonais soignent leurs plaies et attendent des jours meilleurs.

Et bien sur, les anti nucléaires remuent encore leurs fesses pour répandre la bonne parole sur le dos des pauvres gens sans jamais rien proposer de conséquent.Comme à l’habitude.

La bougie peut-être ?

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Une video de Arté où des experts  en tout genre expliquent qu’en définitive il y a bien eu une explosion d’hydrogène hautement radioactif, libérant ainsi des quantités phénoménales de produits toxiques.

C’est ici:

Qu’il y ait eu des irresponsabilités tant au gouvernement Japonais qu’au sein même de la société Temco ne fait plus aucun doute. Cependant, il serait bon de demander aux journalistes qui ont enquêté peu ou prou sur cette catastrophe : qu’auraient-ils donc du révéler aux habitants sans qu’il y ait des mouvements de paniques incontrôlables, même chez un peuple discipliné ?

Ce que l’on ressent le plus dans cette vidéo est cette volonté de présenter le nucléaire comme irrémédiablement nocif, en tout lieu et en tout temps. L’un des spécialistes recommande ainsi de quitter le Nord du Japon pour ne pas y mourir. Il n’indique pas ni où , ni comment.

Deux remarques enfin:

– Si l’est de bon ton de rendre les Japonais responsables de cette catastrophe, tout en oubliant de renseigner sur l’origine exacte de la construction de ces centrales, quasiment personne ne précise que les 20 000 morts sont le fait du tsunami et non de la contamination radioactive, ni la presse officielle, ni celle indépendante. D’où une certaine rancœur qui se dégage de ce film.

– S’il existe un lobby nucléaire, celui de l’anti-nucléaire est bien présent également qui, hormis de grands effets de manches et des déclarations fracassantes, n’a jamais présenté un projet valable pour le remplacer.

addenda du 18 Mars 18h45

J’ai retrouvé un passage traitant de cette centrale:

« 

Jeudi 17 mars 2011
Tokyo

Du Journal lesoir.be, l’envoyé spécial Richard Werly

Ils le reconnaissent l’un après l’autre. Debout, micro en main, Chiro Ogura, Masashi Goto et leurs pairs, anciens cadres du programme nucléaire de Toshiba, avouent l’impensable.

Un séisme de l’ampleur de celui de vendredi survenu au large de la région du Tohoku avait-il été pris en compte dans les calculs des dispositifs de protection et autres mécanismes de secours des centrales construites, comme celle de Fukushima, à partir des années soixante ? « Non, ce tremblement de terre et ce tsunami sont allés bien au-delà de nos prévisions les plus folles », reconnaît, à Tokyo, Chiro Ogura, qui travailla à la conception de la première tranche des réacteurs de Fukushima, dévastée par un incendie toujours susceptible de déclencher l’apocalypse.

Les dispositifs de refroidissement du cœur nucléaire avaient-ils été conçus pour résister à une vague tueuse d’une dizaine de mètres de hauteur ? « Non, poursuit l’intéressé. Plusieurs arrivées d’eau étaient constituées par des tuyaux posés en surface, et non enterrés. La vague les a par conséquent aisément arrachés. » Dans le public, journalistes, militants et fonctionnaires venus écouter ce panel d’ex-cadres de l’industrie atomique se regardent les uns les autres. Une jeune femme pleure. Les plans et les schémas montrés sur grand écran ne laissent plus l’ombre d’un doute…

Le « J’accuse » lancé par ces ingénieurs nippons dit en effet tout, en résumé, du mal de l’archipel devenu, en un demi-siècle et à force d’une lutte sans égal contre les éléments, la seconde puissance économique mondiale.

Accusée ? La firme américaine General Electric (GE) qui, dans les années 60-70, ne prit guère soin de prévoir le pire ou de former ses clients japonais à l’anticiper. Mashashi Goto, animateur de ce « réseau des citoyens contre le nucléaire », se souvient des débuts de Fukushima, première centrale du pays et pilier, à l’époque, de la recherche effrénée de l’indépendance énergétique sur fond de crise pétrolière annoncée. « Nous n’avons presque pas contesté les plans de General Electric. Nous avons importé une technologie qui n’était pas conçue pour notre géographie particulière et les menaces qui vont avec. »

Coupable ? « Tout le système, nous y compris, poursuit-il, en se courbant profondément, signe d’excuse publique. Je sais qu’à Fukushima, plusieurs systèmes de pompage de secours étaient à l’origine destinés à éteindre des incendies mineurs, pas à apporter de l’eau pour refroidir les réacteurs. » Même si le mot n’est pas prononcé, il résonne dans toutes les têtes : le complexe nippon de l’atome, confronté à des défis jugés alors trop compliqués et trop coûteux à résoudre, s’est contenté de « bricoler » des solutions. Au mépris de la sécurité.

Ce « J’accuse » est d’autant plus terrifiant qu’il n’est pas assorti d’une liste de noms. A chaque image du toit du réacteur 2 détruit par les flammes, à chaque nouvelle secousse ressentie dans ce quartier de Yurakucho où ils tiennent chaque soir une conférence de presse sur l’état des dégâts et la menace radioactive, Chiro, Masashi et leurs collègues ont l’estomac noué. Ils ne condamnent pas tel ou tel, mais font au fil de leurs déclarations accablantes le procès de leur passé, de leurs négligences, de leur indifférence : « Cette passion de l’atome qui les réunissait est devenue pour eux un boulet impossible à porter », juge Chihiro Kamisawa, médecin du collectif spécialisée dans les radiations.

Alors ils accusent. Aussi, pour que les sacrifices des heures à venir ne soient pas vains. Tous connaissent en effet au moins l’un des employés de Tepco qui, malgré les risques immenses, continuent de piloter ces jours-ci les opérations désespérées de secours dans la centrale-cauchemar de Fukushima, isolée tel un paquebot naufragé dans le périmètre d’évacuation de trente kilomètres décrété par le gouvernement. Il était à peu plus de 19 heures à Tokyo hier soir lorsqu’ont été rediffusées les images de la relève opérée mercredi entre les deux équipes d’urgence d’une cinquantaine d’employés chacune. L’une sortait du site. L’autre y entrait. Impossible de voir les visages derrière les vitres des masques et sous les combinaisons hermétiques blanches, copieusement arrosées à intervalles réguliers pour la décontamination.

Chiro Ogura, comme Masashi Goto, eux, ont préféré ne pas regarder.

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