Érotisme
LA DOUCE MORT
Les yeux s’ouvrent et s’affolent devant un tel miroir
Où le diamant scintille sur ce charmant terroir.
Le poignet audacieux, avec habilité
Suggère évidemment de lâcher le cordon
Pour enfin libérer de leur charmante prison,
Deux seins ronds et fermes, chefs-d’œuvre de beauté.

Et le pouce et l’index savamment repliés
Dénouent gracieusement cet éternel cache
Où l’on devine dessous, avant qu’il se détache,
Le centre du plaisir, les amours suppliés.
Ô, lèvres pulpeuses et douces, vite sous la toison
Ouvrez le bouton d’or en pleine pâmoison.
Ô, langue fine et ardente, goûtez à volonté
Le suc étourdissant de votre bien-aimée.
Fouillez au plus profond le rose vaginal,
Tournez et tournez-la dans ce troublant chenal.
Puis lâchez votre prise, chair tendre et vivace,
Pour apaiser l’orgasme en cette fête tenace.
Remontez tout là haut, œuvrez sur les vallons
Où deux pics ardents qu’on appelle tétons
Sont si durs et pleurants que la main s’y attache
Et frôle, et caresse, en jouant à cache-cache.
Puis, enfin, calmement, en s’armant de douceur,
Le corps bien allongé sur le corps enflammé,
Ô, mâle dignité , redoublant de vigueur,
Forcez le destin de cette féminité.
Ô, phallus bienfaiteur, sans que vous hésitiez,
Allez et venez, et souvent recommencez
Cette action enivrante, explosion des entrailles
Petite mort savante, appel des semailles.
Les yeux se ferment et pleurent devant un tel miroir
Et le diamant toujours, scintille avec espoir.
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TENDRESSES ÉNAMOURÉES
De deux corps idylliques
Aux parfums bucoliques,
Qui sans fin se rejettent
Et toujours se reflètent;
Exquise ardeur équivoque
Que chacune d’elles invoque,
Où nul priape ni lingam
N’entache ce wargame; 
Mains doucement ardues,
Les doigts entrecroisés
Dans les cheveux mêlés
Aux allures éperdues;
Bouches savantes et rouges
Se mordant et criant,
S’échappant en riant,
Lèvres jouant les vouges
Dans les buissons fragiles
Des jambes écarquillées,
Tels des bougainvillées
Aux senteurs si agiles.
Etre bien dans sa peau,
Croquer chaque heure du jour
Et vivre avec amour
Leurs fièvres éphémères,
C’est là leur volonté
De boire la même rose
Et de chanter la prose
D’un air survolté.


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